Mobilisation des communautés locales

From Burkina Faso ONSP

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La mobilisation des communautés locales se manifeste à travers la participation des leaders communautaires et des crieurs publics, dans la mobilisation sociale des campagnes de masse, ce qui est une forme de contribution non négligeable à l’effort de santé. Ces personnes influentes ont également la capacité de faciliter l’adhésion des bénéficiaires qui sont réticents à l’adoption de certains comportements de bonne santé comme l’observance de traitements, le respect du calendrier vaccinal des enfants, la CPN, etc. L’implication des tradi-praticiens doit être reconnue comme une contribution non négligeable notamment dans le dépistage de certaines maladies comme les PFA et la tuberculose.

La construction de cases de santé, avec bien sûr l’aide d’associations ou d’ONG, dans certains districts comme ceux de Barsalogho, de Séguénéga et de Tougan, illustre bien la participation communautaire. Les équipes de santé sont très souvent assistées par des bénévoles dans l’organisation d’activités d’hygiène de l’environnement, dans les villages et au niveau des CSPS. Un autre élément de cette contribution communautaire est matérialisé par l’apport des associations issues de la société civile qui contribuent à la mise en œuvre des politiques de santé. Un système de partage de coûts a été instauré, dans quatre des cinq districts visités (Barsalogho, Koupéla, Ouargaye et Titao). Avec une cotisation financière individuelle symbolique de 25 à 50 francs par an, les populations contribuent à la prise en charge des urgences obstétricales, néonatales et non obstétricales. Un comité de pilotage composé de représentants des COGES ou des cellules d’urgences obstétricales et de quelques agents de santé assure la gestion du projet communautaire. D’autres formes de contribution communautaire existent à travers le recouvrement de coûts des produits de la DBC et de la prise en charge communautaire du paludisme, de la diarrhée et des IRA. Par ailleurs, dans la perspective de mieux cibler les indigents, quelques aires de santé disposent également de comités de sélection des indigents (exemple de Ouargaye) afin de permettre à ces membres défavorisés de la communauté d’accéder gratuitement aux soins de santé. C’est un bel élan de solidarité qui est conforme aux principes d’équité et de justice sociale de la santé communautaire. En collaboration avec les COGES, ces comités facilitent l’accès aux soins aux moins nantis. Les habitudes de vie et comportements sont influencés par des pesanteurs socioculturelles fortement ancrées dans les us et coutumes. La faible connaissance des modes d’installation et des moyens de préventions de la maladie ainsi que la faible appréciation des conséquences de ces affections constituent des facteurs prédisposant l’individu à des comportements à de risques pour la santé. Selon l’EDS IV, 75% des ménages disposent d’un endroit pour se laver les mains. Cependant, 46 % ne disposaient ni d’eau, ni de savon, ni d’un quelconque produit nettoyant. Seulement 15 % des ménages disposent de toilettes améliorées et non partagées (42 % en milieu urbain et 6 % en milieu rural). La proportion des mères et gardiennes d’enfants qui utilise les toilettes ou latrines comme moyen pour se débarrasser des selles est de 0,9%. Au cours de ces dernières années, on assiste à l’émergence de certaines pathologies tels le diabète, l’asthme et l'hypertension artérielle. Quoiqu’ayant une base biologique, ces pathologies sont en grande partie favorisées par les habitudes et modes de vie. Par ailleurs, les choix alimentaires, la consommation de la drogue, du tabac et d’autres substances addictives ainsi que l’abus de l’alcool sont autant de fléaux qui minent la santé de la jeunesse.