Du sang

From Burkina Faso ONSP

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La transfusion sanguine joue un rôle primordial dans le système de soins notamment dans l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) par la réduction des mortalités maternelle et infanto-juvénile. Par ailleurs, la transfusion sanguine a transformé le devenir de certaines maladies comme la drépanocytose par l’amélioration de l’état clinique et la réduction des complications liées à cette maladie. Les activités de la chaîne transfusionnelle sont exclusivement effectuées par des structures sanitaires reconnues.

La promotion du don de sang, la collecte, la production de produits sanguins labiles (PSL) et la distribution des PSL aux malades et aux formations sanitaires sont des activités spécifiquement gérées par deux types de structures:

le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), créé par décret N°2000-449/PRES/PM/MS du 26 septembre 2000 et administré par un conseil d’administration. Selon ses Statuts particuliers, adoptés par décret N°2015-1267/PRES-TRANS/PM/ MS/MEF du 9 novembre 2015, la direction générale est composée de 8 directions centrales et de structures déconcentrées que sont les CRTS (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma Koudougou) et les Dépôts préleveurs distributeurs de produits sanguins (DPD/PS) non encore fonctionnels ;

les banques de sang de certains CHR et les laboratoires de certains CMA/HD partiellement ou pas du tout approvisionnées par les CRTS qui continuent la production et la distribution des PSL sous la tutelle administrative et financière des hôpitaux et districts sanitaires qui les hébergent.

Ces structures sont accompagnées dans leurs activités de promotion du don de sang par les associations de donneurs de sang et d’autres organisations à base communautaire. L’utilisation clinique des produits sanguins (prescription et réalisation de l’acte transfusionnel) est assurée par les CHU, les CHR, les CMA/HD, les CM, les polycliniques et les cliniques privées.

La collecte de sang est placée sous la responsabilité d’un médecin ou d’un pharmacien (un infirmier ou un technologiste biomédical peut en assurer la responsabilité en l’absence d’un cadre médical ou pharmacien) et fait appel à:

- du personnel de collecte qualifié avec des fonctions clairement identifiées et chargé de la prise en charge du candidat au don de son arrivée à son départ du lieu de collecte;

- des locaux organisés, agencés, séparés de façon à préserver la logique de la « marche en avant » du don de sang;

- du matériel nécessaire pour l’accueil, la sélection médical pré-don, le prélèvement et aux soins médicaux des donneurs;

- des documents médicaux administratifs, du questionnaire de sélection médicale pré-don et d’une fiche navette pour suivre le donneur depuis l’accueil jusqu’au prélèvement de sang.

La production des produits sanguins est insuffisante tant en quantité qu’en qualité. Cette situation est due à une insuffisance de la promotion du don de sang et de la couverture du territoire national par le CNTS, aux déficits dans l’acquisition et la gestion des ressources humaines, des équipements, des infrastructures, de la logistique, des réactifs et consommables. Ceci a pour conséquence l’insatisfaction de la demande en produits sanguins avec une persistance de la morbidité et de la mortalité liées aux anémies et aux hémorragies.

Le nombre de poches collectées sur le plan national a connu une hausse sensible passant de 82 756 en 2011 à 116 296 en 2015. En dépit de cette croissance, la production reste en deçà des besoins théoriques nationaux, soit un taux de couverture de 63,20%. Par ailleurs, on note une persistance des dons familiaux d’urgence ou de remplacement qui s’élève à 71,16% dans les zones non couvertes par le CNTS. Dans les CRTS, 75,57% des dons proviennent des collectes mobiles.

La préparation des PSL est l’ensemble des opérations visant à obtenir des PSL à partir des produits sanguins matières premières ou intermédiaires incluant les préparations primaires et secondaires, l’étiquetage, le stockage ainsi que les contrôles correspondants. Elle comprend: • la centrifugation ou la décantation des poches de sang;

• la séparation des différents composants du sang;

• la soudure et la connexion stérile des poches de sang;

• la congélation, le mélange et la déplasmatisation du sang;

• l’étiquetage des PSL;

• le stockage et la conservation des PSL est la séparation du sang total en ses différents constituants de base à savoir le concentré de globules rouges (CGR), le plasma frais congelé (PFC) et le concentré de plaquettes standard (CPS) conformément aux normes et caractéristiques des produits sanguins labiles (PSL) au plan national est réalisée à 67,21%. La séparation n’est réalisée que dans les zones CNTS tandis que dans les zones hors CNTS, le sang total reste le seul produit disponible. Concernant le CPS, le CNTS rencontre des difficultés organisationnelles et matérielles dans sa préparation.

Certaines préparations spécifiques (cryoprécipités, etc.) ainsi que le fractionnement du plasma ne sont pas encore pratiquées. La qualification biologique des dons (QBD) a pour objectifs d’assurer la sécurité du receveur vis-à-vis des risques immuno-hématologiques et ceux des infections transmissibles par le sang, de participer au suivi de la santé du donneur en lui communiquant les résultats des analyses sur son don et de participer à des missions de santé publique.

Le dépistage des quatre marqueurs (VIH, VHB, VHC, syphilis) est systématique sur tous les dons de sang. Dans les CRTS, le dépistage se fait par des techniques semi-automatiques à automatiques tandis que dans les CHR/CMA, il est réalisé avec des tests rapides. Dans l’ensemble, les tests de confirmation sont très peu réalisés occasionnant ainsi des difficultés de rendu des résultats, ce qui est à l’origine de la démotivation de certains donneurs de sang.

Quant au groupage ABO/RH D, en dehors des CRTS, la plupart des CHR/CMA ne réalise que le Beth-Vincent et par un seul technicien. D’autres analyses peuvent être rendues obligatoires sur décision de l’autorité compétente en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques et de la situation épidémiologique. D’autres analyses complémentaires (recherche d’hémolysines, phénotypage RH/KEL, phénotypage élargi, dépistage du CMV, etc.) peuvent être réalisées en cas de nécessité thérapeutique.

Distribution des PSL

La distribution des PSL est la mise à la disposition des services utilisateurs de PSL propres à l’usage thérapeutique. Les PSL peuvent être distribués selon deux modalités: La distribution nominative: c’est la sélection de PSL pour un patient sur prescription médicale La distribution non nominative: c’est la sélection de PSL destinés à l’approvisionnement des dépôts de distribution par les CRTS.

Les CRTS approvisionnent totalement 24 formations sanitaires publiques (sur 65 habilitées à transfuser) et 49 cliniques privées. Cependant, 34 formations sanitaires publiques sont partiellement approvisionnées et 7 ne le sont pas du tout.

Dans le souci d’approcher le PSL du malade, des services de distribution (antenne) du CNTS, ont été créés dans les CHU-Yalgado OUEDRAOGO et SANOU Sourô. En outre, il existe des dépôts distributeurs de PSL dans 54 formations sanitaires. Ces dépôts sont sous la tutelle administrative desdites formations sanitaires. Les conventions de collaboration qui doivent lier ces formations sanitaires au CNTS dans la gestion de ces dépôts ne sont pas toujours formalisées. Sur le plan technique, il subsiste encore des erreurs d’attribution de PSL et une insuffisance dans la gestion des stocks (inexistence de stock minimal et d’alerte, péremption de PSL en distribution, etc.). Utilisation clinique des PSL.

Les produits sanguins sont majoritairement utilisés chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes de 15 à 49 ans avec respectivement 33,29% et 34,88%, soit un total de 68,17% (couple mère-enfant). Selon les Directives nationales de bonnes pratiques transfusionnelles (DNBPT), la distribution des PSL doit se faire sur la base d’une prescription médicale. Un formulaire standardisé de demande de PSL a été élaboré et diffusé, mais n’est pas utilisé dans toutes les formations sanitaires. En plus, toutes les prescriptions des PSL ne sont pas faites par les médecins.

Malgré l’existence du guide d’utilisation clinique des produits sanguins et la formation des utilisateurs, la prescription et l’utilisation des produits sanguins ne sont pas toujours rationnelles, ce qui contribue à réduire la disponibilité des PSL. En outre, on note une insuffisance dans l’administration des produits, la surveillance des transfusions et la notification des réactions indésirables..